Thursday, August 7, 2014


















     

     
MA SALLE DE CLASSE


     Elle me manque. C' était l’endroit où j’étais à l’aise, contente, motivée, inspirée, acceptée et appréciée. Combien d’endroits peut-on trouver comme ça pendant une vie? C’était là où nous avons ri, nous avons appris, nous avons partagé une existance unique---différente que celle de toutes les autres salles de classes. Nous avons parlé une langue universelle, mais une langue privée, une langue crée par le vocabulaire de Fifi.

     Une amie, un professeur qui a fait sa retraite il y a trois ans, m’a écrit une lettre récemment. Elle m’a dit qu’après trois années de retraite, ses étudiants lui manquent toujours. Elle m’a dit que sa salle de classe lui manque et que les projets qu’elle a préparés chaque jour lui manquent. Moi, je suis d’accord avec elle. La différence entre nous deux--pour moi c’est neuf ans depuis ma retraite. 

     La salle de classe d’un prof, c’est un endroit sacré. C’est là où un prof peut faire arrêter l’horloge et créer un espace sauf pour ses étudiants. Les amités qui se réalisent peuvent durer toute la vie. Les moments inoubliables peuvent consoler et guérir les âmes des gosses et du prof dix à quarante ans plus tard. 

     Je ne peux jamais rentrer. Tout a changé, et c’est normal. De temps en temps, quelquefois pendant les moments tristes ou difficiles de ma vie, un(e) étudiant(e) qui habite loin de chez moi écrira quelque chose sur facebook ou un email qui me remercie d’un de ces moments inoubliables ou d’ un seul mot d’encouragment que j’ai offert il y a longtemps. Quand les larmes tombent sur mes joues, ma salle de classe me manque de nouveau.